Que reste-il du 11 novembre alors que les syndicats enseignants refusent de commémorer cette cérémonie nationale ? 

Que reste-il du 11 novembre alors que les syndicats enseignants du SNES et de SUD Éducation refusent de commémorer cette cérémonie nationale ? Que faisons-nous aujourd’hui, chacun à notre place, pour que le sacrifice de nos 1,4 million d’aïeux morts pendant la Grande Guerre n’ait pas été vain et conserve encore une signification ?

Au moment même, où la France doute plus que jamais d’elle-même et où nous traversons une crise de violence sans précédent, la Guerre de 14 ne doit pas être considérée comme un simple événement relégué dans le passé de nos anciens manuels scolaires. Le souvenir des 8 millions de poilus mobilisés doit nous permettre de surmonter nos crises et nous montrer qu’il faut toujours garder espoir. Eux n’ont jamais renoncé. Comme l’écrivait Maurice Genevoix dans Ceux de 14: « Ce que nous avons fait, c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes, mais nous l’avons fait. »

Ces hommes croyaient en quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes : la patrie, la défense d’un territoire national envahi, mais aussi la solidarité avec leurs frères d’armes. Les Français de l’époque avaient réussi ce que nous avons rarement su accomplir dans notre histoire : l’Union sacrée de tous les citoyens. Il est temps de réapprendre à célébrer nos grandes commémorations, sans honte et sans arrière-pensée, et de redonner tout son sens au patriotisme et à l’amour de la France. 

Comment ces hommes ont-ils pu tenir ?

La première question à nous poser est la suivante : comment expliquer que ces hommes, souvent simples, aient pu tenir plus de quatre ans dans l’une des guerres les plus effroyables de l’histoire de l’humanité ? Les valeurs de devoir et de patriotisme doivent être replacées dans le contexte de l’époque. Pour bien comprendre leurs motivations, il faut éviter de plaquer nos représentations mentales actuelles sur celles de nos aïeux. C’était un monde où les valeurs différaient sensiblement de celles d’aujourd’hui et où la guerre restait un horizon familier. À cette époque, l’amour de la patrie occupait une place centrale.

Le patriotisme est-il devenu suspect en France ?

Aujourd’hui, le patriotisme est constamment moqué et critiqué en France. Le mot « patrie » lui-même est devenu suspect, comme s’il ne pouvait plus être prononcé sans provoquer un certain malaise. Le Français qui lance un « Vive la France ! » est parfois traité de « vieux con » ou de réactionnaire. Celui qui brandit un drapeau tricolore risque de se voir traiter de fasciste. Pourtant, Romain Gary nous rappelle cette distinction essentielle :« La patrie, c’est l’amour des siens, le nationalisme, la haine des autres. »

On ne devient pas Français par le sang, par la race ou par une religion, mais par une volonté renouvelée chaque jour de partager un destin commun. Ernest Renan l’exprimait dans sa célèbre conférence Qu’est-ce qu’une nation ? prononcée à la Sorbonne en 1882, en définissant la nation comme « un plébiscite de tous les jours ». Il ajoutait qu’elle reposait sur le fait d’avoir accompli de grandes choses ensemble dans le passé et de vouloir en accomplir encore dans l’avenir.

Sommes-nous aujourd’hui en train de trahir la dette de la nation française à l’égard de ces hommes ?

Ce serait oublier ce qu’ils ont enduré pour que la France vive et ne connaisse pas l’humiliation de la défaite. Ce serait réduire leur sacrifice à un épisode poussiéreux, dissous dans l’indifférence contemporaine.

Les signes de l’oubli

Les signes d’oubli, d’ignorance, voire de trahison de la mémoire nationale, se multiplient à mes yeux. Les livres d’histoire se referment. L’enseignement de la Première Guerre mondiale dans les programmes scolaires semble parfois réduit à quelques chapitres sommaires, tandis que les faits militaires sont insuffisamment mis en valeur.

Depuis plusieurs décennies, la commémoration du 11 novembre semble avoir perdu une partie de son caractère solennel, rassembleur et fédérateur. La multiplication des commémorations et des célébrations, parfois sans véritable cohérence, risque également de diluer la portée de chacune d’entre elles.

Les commémorations doivent avant tout servir à réconcilier et à unir un peuple, à lui transmettre le goût de son histoire et l’amour de son pays. Or, ce qui semble parfois faire défaut dans les commémorations actuelles, c’est précisément la place accordée à la France elle-même, à son histoire et à la signification de son destin collectif.

Les véritables héros de cette guerre sont les poilus.

Il est donc fondamental de recréer les liens mémoriels qui ont longtemps uni le peuple français à son armée. Celle-ci a joué un rôle essentiel dans la construction de la France et de la République. Les valeurs qu’elle véhicule — l’honneur, l’abnégation, le courage et l’amour de la patrie — méritent d’être racontées et transmises. C’est pourquoi la connaissance des grands événements de l’histoire militaire française me paraît indispensable.

Il faut associer plus étroitement les élèves et les familles aux cérémonies du 14 Juillet et du 11 Novembre, en leur permettant de participer aux discours et aux dépôts de gerbes. On pourrait également organiser, à l’entrée au collège, une remise officielle du drapeau tricolore et d’une version simplifiée du texte de la Constitution.

Il serait enfin souhaitable d’encourager un usage plus fréquent du drapeau français dans les entreprises privées et les associations, notamment dans le cadre de campagnes nationales de sensibilisation, y compris lorsque ces structures bénéficient de subventions publiques. Pourquoi ne pas inciter les Français à arborer un drapeau à leur balcon ou à leur fenêtre lors des fêtes nationales, comme cela se pratique dans certains autres pays européens ?

Notre pays a besoin d’unité et de réconciliation. Il faut redonner à notre peuple quelque chose à aimer. Et ce quelque chose, c’est notre histoire, notre culture et notre patrimoine.

Il faut les transmettre à travers un grand récit national fédérateur, capable de rassembler toutes les composantes de notre société et de redonner confiance aux Français pour affronter l’avenir.

À nous de le réinventer !

Venez voir en famille le spectacle musical Historock qui rend hommage à tous nos morts de la Grande Guerre le 10 mars 2027 au Théatre des Folies Bergère à 18h30

Réservez pour le concert des Folies Bergèrehttps://www.foliesbergere.com/fr/Historock-Histoire-De-France-10-Mars-2027-Billetterie-Paris

Laisser un commentaire