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Dimitri Casali : Parcours d’un franc-tireur de l’Histoire

Un parcours atypique

Le maître mot pour définir l’engagement de Dimitri Casali, c’est « vulgarisation historique ». Sa seule ligne de conduite depuis qu’enfant à Toulouse des enseignants de la vieille école républicaine lui en ont transmis le virus de la transmission de l’Histoire. D’où un parcours de prof à Saint-Cloud comme en ZEP, à Cergy-Saint-Christophe, où il reconnaît avoir « beaucoup reçu de ses jeunes élèves beurettes et africaines », d’auteur d’ouvrages sur l’enseignement de l’Histoire, et, plus inattendu, de… musicien rock.

Profondément ancré au sud de la France, par ses ascendants où le sang lucquois se mêle au Corbières, et même au « cathare », comme s’en enorgueillit sa grand-mère, Dimitri Casali grandit du reste à Toulouse où il amorce ses études universitaires. Il les reprendra dix ans plus tard à Paris-IV la Sorbonne, menant à bien une maîtrise (mention très bien) sous la houlette de celui qui restera son maître et mentor Jean Tulard. Un mémoire sur le mythe musical napoléonien où Beethoven et Berlioz côtoient Dire Straits et Elvis Costello.

historockRien d’étonnant en fait car, durant la décennie où il a mis entre parenthèses le cursus universitaire, il est devenu musicien. Avec Michel, Vincent et Volodia, trois copains de lycée fans des Beatles et des Stones, Dimitri Casali a fondé un groupe, Apple Pie, qu’ils veulent dans la lignée des harmonies vocales des Who, des Beach Boys ou des Kinks. L’histoire commence en 1979 quand ils réussissent à devenir en concert l’un des groupes les plus électriques et les plus réjouissants de la ville. Leurs versions déchaînées de « The Last Time » ou de « My Generation, » marquent durablement les mémoires. En 1982, leur premier 45 tours autoproduit (Une Autre Danse / Réveil Radio) sous titré « Quatre Garçons Dans Le Vent d’Autan » (sic) au son très propre tirant trop vers une pop commerciale qu’ils ne renient pas mais qui n’est pas encore au goût du jour. En 1983 vient leur deuxième essai, « Hey Diva » et « l’Amour Au Pluriel », enregistré sur Arabella. « Frémissants » au Top 50, ses singles à la pop légère, dont les clips sont réalisés outre-Manche, rencontrent un temps le succès en Scandinavie, en Allemagne, mais l’affaire fait long feu et CBS Londres, qui a « signé » le groupe français, ne donne pas suite en 1989.

Dimitri Casali retrouve en 1992 le chemin de la faculté d’Histoire et s’inscrit en licence d’Histoire à Paris IV la Sorbonne dont il est diplômé. Puis le collège, où, enseignant, face à un public scolaire défavorisé lui vient l’idée de faire cours en musique et d’utiliser mes compositions comme un outil pédagogique. Le concept d’« Historock » – un répertoire de chansons originales évoquant les grandes figures du passé – est né. Si les élèves, d’abord surpris de cette convocation pop-rock-reggae-rap pour camper César ou Napoléon, sont finalement conquis, comme les parents et même le chef d’établissement, le ministère, lui, résiste. Un courrier du Centre national de documentation pédagogique CNDP lui enjoint d’éviter de « mélanger les carottes et les navets ». Les CD, gravés avec les moyens du bord dans la cave de Dimitri Casali, retournent y dormir, malgré quelque 2 000 exemplaires déjà écoulés dans les collèges.

Rome 2001 par Dimitri Casali
Rome 2001 par Dimitri Casali

Une autre aventure lui permet de rebondir : « Regard d’aujourd’hui », mémorable collection des éditions Mango dirigé par Dominique Gaussen où il cosigne Charlemagne, Rome 2001 et un Staline 2004, reprenant même l’un des titres-phares de la collection de Gaussen, Napoléon en y ajoutant un CD avec la première monture de ce qui deviendra son Napoléon l’opéra rock. Mais là encore l’aventure tourne court. Malgré un beau succès critique, la série s’arrête faute de ventes à la hauteur de l’enjeu.

Toujours convaincu qu’il faut des outils neufs pour ancrer dans les jeunes générations le goût de l’histoire, Dimitri Casali ne désarme pas. Avec son ami Antoine Auger, son condisciple à Paris-IV, il propose pour les grandes classes de l’école élémentaire une méthode qu’il veut novatrice, plaçant la lecture et l’analyse de documents au centre des apprentissages « Les Univers », aux éditions Sed et que les instituteurs plébiscitent.

On l’a compris, Dimitri Casali multiplie les propositions pour initier à l’histoire, la donner à voir au plus grand nombre: pour la jeunesse chez, Flammarion, Milan, Fleurus où un DVD accompagne Louis XIV, le destin d’un roi, qu’il cosigne avec Vincent Rolin, Gallimard jeunesse où il signe le « Tothème » Moyen Age, coécrit encore avec Antoine Auger ; pour les grands aussi, avec notamment une Histoire de France par la peinture avec Christophe Beyeler, RMN-Fleurus, 2008 ou un Napoléon par les peintres avec David Chanteranne, Seuil, 2009, complémentaire du magistral Napoléon Bonaparte paru chez Larousse en 2004 et écoulé à 40 000 exemplaires (toutes éditions confondues).

Un historien qui dérange

En 2007, dans le contexte brûlant des années qui suivent les émeutes des banlieues, le souci didactique est relayé par la volonté de prôner une histoire fédératrice et réconciliatrice en rupture avec les visions culpabilisantes du passé, ce qu’il nomme « la criminalisation de l’histoire nationale ». Le ton se fait moins ludique, le prêche plus énergique. Et les publications en rafales prennent le vent d’une histoire de France vecteur et garantie d’intégration, Ces immigrés qui ont fait la France, Aubanel, 2007 ; où il prêche la bonne connaissance de l’histoire hexagonale comme garantie d’intégration un moyen d’accéder aux modes de compréhension de la société française. L’histoire des grands hommes a, par la passé, facilité l’assimilation des populations immigrées depuis plus deux siècles, et ce avec succès. C’est avant tout grâce à son rayonnement culturel et historique de la France, grâce à son pouvoir d’attraction et de fascination que, de Giulio Mazarini à Romain Gary en passant par Marie Curie, Gambetta, Joséphine Baker, Félix Eboué, et Gaston Monnerville, que tous ces hommes sont devenus français. Et comme aimait le rappeler Romain Gary (Roman Kacew de son vrai nom) : « Je n’ai pas une goutte de sang français mais la France coule dans mes veines…». Ce concept de Grands Immigrés sera repris dans Notre pays la France, La Martinière, 2010 et dans Histoire de la France pour tous les Français, avec Antoine Auger toujours, Tallandier, 2010. Des titres aux allures de slogans qui expliquent les appels du pied qu’une Christine Boutin, un Jean-Pierre Chevènement ou des Républicains lui font aujourd’hui.

altermanuel-dhistoire-de-franceDans son Altermanuel d’histoire de France Perrin, un grand succès d’édition, qualifié de « salutaire » par Le Figaro Magazine 27 août 2011, Dimitri Casali pourfend les dernières réformes des programmes scolaires et pointe la disparition des figures et des épisodes qui naguère, à l’école de Jules Ferry et d’Ernest Lavisse, forgeaient la citoyenneté et l’identité républicaine. Il explique en quoi cette réforme constitue, une véritable « déconstruction de notre histoire » et d’un constat désolé de cette abdication officielle, il plaide pour nouvelle conscience républicaine et patriotique. Cependant Dimitri Casali se défend de tout encartage (Sa seule adhésion avouée reste : le fan-club des Quatre de Liverpool !) Il s’interroge seulement sur l’impossible panthéon héroïque de la nation et pointe la disparition de figures emblématiques, éliminées en fait depuis trente ans des instructions ministérielles…. Clovis, Charles Martel, Saint Louis, Charles V, Jeanne d’Arc…, Louis XIII, Richelieu, Napoléon III ou encore Gambetta ». Face aux attaques souvent injustifiées contre un ouvrage équilibré et ne contenant « rien de nauséabond » comme le prétendent ses détracteurs il forge un discours plus pugnace, sinon polémique, et lance avec des amis une pétition sur le Net, suivie ensuite d’un collectif « Notre histoire forge notre avenir ».  L’Altermanuel d’Histoire de France reçoit en 2011, des propres mains de son maitre et mentor Jean Tulard, le prix du Guesclin du livre d’histoire.

C’est l’époque où Dimitri Casali collabore régulièrement avec la presse écrite comme directeur de collection pour l’Express : Grand format sur l’Histoire et Point de Vue : Zoom sur l’Histoire ainsi que pour divers festivals de cinéma historique comme celui de Compiègne.

Il n’oublie pas pour autant la scène rock continue son combat pour ré humaniser l’Histoire. Intriguer, redonner le goût, provoquer comptent toujours autant pour le créateur du concept pédagogique innovant : Historock. Il achève son Napoléon l’opéra-rock, qu’il donne régulièrement : à Fontainebleau, à Troyes, à Rueil Malmaison 16 septembre 2012 (théâtre André Malraux), place du Diamant, à Ajaccio, le 15 juin 2012, à l’Ecole Militaire de Paris le 9 avril 2016.

Une rock attitude en accord avec ses grands ouvrages d’engagement L’Histoire de France interdite JC Lattès 2012, dans lequel des personnalités de premier plan sont enrôlées (Emmanuel Leroy Ladurie, Robert Badinter et Malika Sorel: une ample réflexion sur l’histoire de France Pourquoi ne sommes nous plus fier de notre histoire. Le titre claque comme une provocation au politiquement correct et à la repentance : Depuis trente ans, nous avons négligé l’enseignement de cette discipline et cette négligence est la conséquence directe de la crise morale très grave que vit la nation. Il faut que les Français se mobilisent s’ils ne veulent pas perdre leur Histocasaliire. Et un peuple qui n’enseigne plus son histoire est un peuple perdu…

Auteur désormais d’une quarantaine d’ouvrages historiques, Dimitri Casali se spécialise dans l’enseignement de l’Histoire, avec notamment des ouvrages comme : Désintégration Française pourquoi notre pays renie son histoire et nos enfants perdent leurs valeurs (JC Lattès 2016). Il explique comment la France, championne du monde de l’auto-dénigrement, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, s’enfonce dans une perte d’identité totale. Son modèle d’intégration est en panne. La raison ? Notre pays est malade de son histoire. Malade de ne pas la connaître, de ne pas la transmettre, d’être sans cesse tenté de la réécrire pour l’instrumentaliser ; malade, surtout, d’y renoncer par lâcheté et refus de se confronter aux minorités. L’Éducation nationale, dans sa fuite en avant multiculturaliste, multiplie les réformes qui privent nos enfants des repères les plus élémentaires sur l’histoire de France. Cet essai passionnément engagé est une déclaration d’amour à l’histoire de France, seul remède à la désintégration.

Convaincu que l’École républicaine ne fait plus son travail, Dimitri Casali parvient à publier, contre vents et marées, le Nouveau Manuel d’Histoire aux éditions La Martinière-Fondation Aristote qui rencontre un succès étonnant à la rentrée 2016. Préfacé par l’ancien ministre de l’Éducation Nationale Jean-Pierre Chevènement, cet anti-manuel d’histoire développe une approche équilibrée, fédératrice et comble les innombrables lacunes des nouveaux programmes d’histoire de cycle 4 (5e-4e-3e), dans le respect d’une perspective chronologique. Magnifiquement illustré, ce manuel idéal est destiné à tous ceux qui souhaitent transmettre à leurs élèves les éléments fondamentaux de Notre Histoire supprimés ou réduits à la portion congrue dans les programmes du collège de septembre 2016. La version familiale intitulée justement Notre Histoire connaît le même succès.

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